Nantes, une So Green métropole

Le gratin de la Greenwashing Week mêle pèle-mêle la bourgeoisie locale et ses grands patrons, des grandes entreprises polluantes (EDF, GDF Suez alias ENGIE) et des banques planquées derrière des fonds de pension, des start’up prétendument innovantes, des éluEs et le président de la CCI… Et tout ce petit monde bénéficie de tout un tas de services des petites mains du milieu associatif : Ce qui relève de la nourriture, de la création de mobiliers et de décoration, ou encore de la gestion des déchets. Des petites mains qui coûtent bien moins cher que de faire venir des sociétés de service et qui ont en plus la belle qualité de donner une caution verte à l’événement.

logo-greenweek

C’est la Greenwashing Week!

Quand on épluche la liste des invitéEs, on pourrait se demander s’il n’est pas question d’une semaine du golf, sport de « classe » s’il en est un… Mais non, c’est la Green Week, la grande semaine de l’entrepreneuriat vert et collaboratif : on y cause innovation, finance verte, bétonnage vert. C’est la semaine où l’on se penche sur « comment faire du fric malgré/sur le dos du changement climatique tout en ayant l’air de ne pas y toucher et en donnant l’illusion qu’on va sauver le monde » .

Autant dire que c’est le genre de semaine qu’on adore… Une énième opération de greenwashing façon Naoned-style, l’anniversaire du meurtre de Rémi Fraisse (militant écologiste) par la police sur la ZAD du Testet, des déclarations en cascade des élus locaux qui exigent l’évacuation de la ZAD, les effets d’annonces et calomnies du sinistre Valls au sujet de nos camarades occupantEs, l’audience de nos copaines de la Noé Verte menacéEs d’expulsion ce jeudi, l’annonce de la création de la « milice à Mustière », le colloque de Nouvelle écologie émanation nauséabonde du RBM à Nantes sur le thème « ni aéroport, ni ZAD »…
Ça envoie sévère!

Alors quand on constate qu’une fois de plus, des assos qui pourraient tout à fait mener leur actions différemment participent de bon cœur à cette énooooooooorme opération de greenwashing pensant « donner de l’écho à de vraies causes importantes auprès du plus grand public possible » (dixit l’administrateurice de la page facebook d’une asso participante), on croit rêver…

Vous trouvez qu’on est trop durEs? Nous on trouve qu’on est encore sympas…

 GREEN WASHING Supplément Développement Durable - Le Progrès Illustration Christophe BOUL

GREEN WASHING
Supplément Développement Durable – Le Progrès
Illustration Christophe BOUL

1 Quand une région, une communauté urbaine, un département, font alliance avec une Chambre de Commerce et d’Industrie, des grands patrons, des grosses sociétés bien polluantes, des fonds d’investissement rentables et qui abritent des banques ultra pollueuses, des start’up, sous le signe de la croissance verte, les projets qui en découlent sont AVANT TOUT générateurs de profit.

L’avantage de l’écologie aujourd’hui, c’est qu’elle ouvre un nouveau marché voire plusieurs… Le bien commun est quant à lui une option, puis c’est complètement « has been », ça fait soviétique, staline, le goulag… Non non, aujourd’hui, même le partage ça a un prix!
L’économie verte implique d’adapter la production afin que la masse des consommateurices inquietEs du réchauffement climatique puisse continuer de la trouver désirable. On n’en finit donc pas « d’innover » pour mieux vendre, toujours plus vendre… Le mouvement des start’up innovantes et green utilise donc des idées issues du monde des alternatives pour en faire des produits. L’exemple de « La Ruche qui dit oui »  en dit long (clique sur le lien pour lire le texte d’AMAPs sur la question). Durant la Greenweek, cette entreprise organise une déambulation à vélo pour créer une distribution gratuite de légumes bio« .  On singe les initiatives populaires pour engranger un max de profit en axant tout sur la consommation dite rrrrrrrrresponsable.
De la même manière, parmi les entreprises participantes on voit de nombreuses start’up et grosses boites participant à « l’économie circulaire« . Leur rôle est de tirer de la plus-value des pratiques de récup. On raréfie l’opportunité de trouver dans les poubelles ce que l’on peut ne pas acheter et l’on développe des circuits industriels de reconditionnement pour revendre à bas coût tout en créant des emplois visant à la réinsertion sociale… En clair, on recycle tout et on en tire profit tout en soutenant la consommation là où la pratique de la récup dénonçait le productivisme et la logique marchande en vigueur… CertainEs participantEs à la Greenweek reconditionnent et revendent, d’autres ont mis en place des applis pour coordonner toute la chaîne de recyclage qu’ils vendent à celleux qui jettent, celleux reconditionnent. C’est mieux que rien nous direz-vous… Et on pourrait presque le concéder d’une certaine manière, mais ce n’est pas une solution à l’équation actuelle. On est loin avec ce genre de pratique, de se diriger vers un monde soutenable pour le vivant dans son ensemble (écologiquement et humainement).

2 La croissance verte est une chimère portée aux nues par celleux qui ont tout intérêt à se maintenir en position de domination et celleux qui savent le changement nécessaire de paradigme mais refusent et/ou craignent la réalité. Être idéaliste aujourd’hui, c’est continuer de croire que l’on va pouvoir continuer à « développer durablement ».

Il suffit de nous regarder en tant qu’être humains pour constater l’évidence : Nous naissons, grandissons, vieillissons et puis nous mourons. Les ressources sur lesquelles s’est fondée l’idéologie de croissance sont finies, comme nous! Les énergies renouvelables peuvent pas être la solution du maintien de la croissance dans un monde où certainEs ont l’accès à l’énergie abondante et à bas prix (si si) et d’autres peanuts. Seule une vision ethnocentrée peut se satisfaire de ce genre d’aménagement capitalistique. Croire que l’on peut envisager un avenir soutenable sous le signe de la croissance verte revient à faire comme si les besoins de 80% de la population du globe ne comptaient pas, comme s’il était normal que celleux-là fassent les frais de notre mode de vie. Pourtant chaque jour nous avons recours à des dizaines d’objets qui sont en lien direct avec ces milliards de personnes, soit qu’ils sont composés de matières premières extraites chez elles (le plus souvent dans les pires conditions, s’il faut le rappeler), soit qu’ils sont passés par leur mains pour toute la partie manufacturière avant de nous être ensuite proposés dans les rayons de nos supermarchés.

Croire et laisser croire à une croissance verte c’est aussi refuser de remettre en question tout ce que l’on produit inutilement. Les banques deviennent vertes, Mac Do est vert, EDF et GDF suez sont verts, Areva est vert, Vinci est vert, l’industrie automobile est verte et pourquoi pas celle de l’armement? C’est tout à fait envisageable au prisme de l’économie collaborative!
Le truc les p’titEs amiEs, c’est qu’aucun autre capitalisme n’est possible. Il n’existe que celui que nous connaissons aujourd’hui : son but est la rentabilité, son ambition est de tout marchander, sa vision est à court terme et totalement déconnectée du bien commun. Le monde marchand, même vert, est à l’inverse de notre volonté. Encore plus quand il est vert, c’est lui l’ennemi à abattre!

Le promoteur d’aéroport HQE sur des terres arables, c’est lui. Le promoteur d’écoquartiers en béton sur des dizaines d’hectares de terre maraîchère c’est lui. La promotion de l’industrie nucléaire, c’est lui. Le montage d’un parc éolien en mer de Saint Nazaire, non loin du trajet des pétroliers, c’est encore lui… Ce qu’il faut entendre en fait, c’est que rien d’autre n’a d’importance pour les tenants de cette idéologie que la recherche du profit substantiel et que cette idéologie c’est glissée dans les moindre recoins de l’imaginaire collectif, donnant l’impression que rien d’autre n’est possible et que l’on doit continuer coûte que coûte à ne surtout rien changer, jusqu’à ce qu’on bouffe le mur.

Le mur vous le voyez, il est là, il s’appelle réchauffement climatique. La Greenweek est sur le modèle de la COP21, un non événement, une sorte de Grand messe du vieux monde marchand qui n’a d’autre souhait que de continuer à étendre ses logiques cannibales et écocidaires.

Donc voilà, on en remet une couche mais voir des camarades de l’associatif participer à ce cirque et refuser de se poser des questions de fond, ça nous fout en rogne. On trouve dommage de voir se mobiliser l’énergie populaire dans ce type de cadre quand on a bien plus sensé à soutenir. D’ailleurs, parlant de soutien, le communiqué de soutien des collectifs et assos du Pays Nantais est toujours d’actualité !

Donc non, vous ne nous trouverez pas à la GreenWeek… Mais vous nous trouverez en soutien à nos copaines de la Noé Verte et la Conserverie Autogérée devant le tribunal demain matin à partir de 8h30 autour d’un p’tit dej au parfum crème de chataigne. Parce qu’une alternative offensive comme celle qu’illes mènent fait bien plus sens à nos yeux qu’une parade capitalo-métropolitaine. Parce que pour nous être écolos, c’est créer les moyens de l’autonomie, pas rendre hommage au monde marchand.

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