Assemblée Populaire

Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.

(Etienne de la Boétie, Discours de la servitude volontaire)

signes-assemblees-populaires… A quoi ça sert?

Une Assemblée Populaire est avant tout un moyen de rencontrer près de chez soi, des personnes rassemblées autour d’un thème commun. Elle est un bon moment pour prendre la mesure de notre nombre et des forces dont on dispose sous l’angle de la coopération. Elle facilite la création de nouveaux liens qui pourront évoluer et s’inscrire dans la durée.
Les personnes et les groupes qui y participent sont portées par la volonté d’un changement radical de société. Conscientes de l’absence de légitimité du pouvoir central en place, elles vont au delà de la critique, révoquent le dépôt de souveraineté populaire délivré aux éluEs au rythme des farces électorales, et s’organisent « depuis la base » en se réappropriant ensemble la Politique.
Les participantEs à une Assemblée Populaire ne font pas dans le prosélytisme. Nulle question ici, de partis politiques, d’élections, ou encore de demander à des éluEs d’opérer le changement voulu.
On esquisse ensemble le changement que l’on veut et on en construit les possibles.

…Comment ça se passe?

Les participantEs s’installent en rond, souvent assisEs au sol. On recherche unE animateurice (pour introduire l’assemblée, la dynamiser et inscrire le tour de paroles) unE facilitateurice (qui aidera à la fluidité des échanges en impartialité) ainsi qu’unE scribe qui sera en charge de dresser un compte rendu.
Des signes aident la communication entre touTEs. Chaque personne qui le souhaite peut s’exprimer sur le thème de l’assemblée. Le rôle d’animateurice  est de guider le débat et de l’affiner en respectant les directions de l’assemblée. La facilitation consiste quant a elle à veiller à ce que chacunE puisse s’exprimer en respectant le développement du débat et à recadrer les échanges en cas de digression.

…Et après?

Des différents points de vues et opinion ressortent des idées autour desquels se constituent des groupes de travail ou commission. On y travaille sur des thématiques plus ciblées et on recherche des solutions aux problématiques soulevées. Certaines existent déjà et peuvent être reprises ou adaptées mais d’autres, encore nombreuses, restent à créer. Lors de l’Assemblée suivante, les travaux des commissions sont présentés et les propositions sont discutées par l’ensemble des participantEs pour être validée ou non.

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A Nantes, Place du Peuple (feu place Royale) lors des Assemblées Populaires des IndignéEs et RévoltéEs

Un exemple contemporain : Le mouvement des Indignadas

Le 15 Mai 2011, des milliers d’EspagnolEs envahissaient les places des grandes villes de tout le pays. Au rythme des « casseroladas », ils ont clamé leur dégoût de la politique politicienne et leur volonté de se réapproprier la politique (au sens premier du terme). Pendant plusieurs semaines l’autogestion s’est mise en place, que ce soit pour occuper l’espace 24/24h et y organiser le petit quotidien, ou pour fonder les bases du changement pour lequel on s’étaient mobiliséEs.

Les profils des personnes qui ont participé à ces grands rassemblements spontanés sont très hétérogènes. On y trouvait bien sûr des activistes et autres militantEs anticapitalistes, venuEs partager leurs critiques et leurs pratiques, mais nombre d’Indignadas étaient là en réaction aux mesures d’austérité imposées par un gouvernement alors saucialiste. C’est sous ce gouvernement que la règle d’or a été inscrite au préambule de la constitution espagnole sans consultation populaire. La règle d’or impose de facto le remboursement de la dette publique et de ses intérêts comme premier poste de dépense du budget de l’Etat. Cette mesure, des plus impopulaires, est venue s’ajouter au climat social moribond que connaissaient les EspagnolEs depuis l’automne 2008 : Environ 500 expulsions par jour, un taux de chômage dépassant les 25% de la population active, des conditions salariales dégradées par une réforme du travail sauvagement libérale, la réduction voire la suppression pure et simple d’actions relevant de « l’Etat providence ».

En parallèle de la dénonciation de l’absence de légitimité du pouvoir central, les Assemblées Populaires de toute l’Espagne se sont réapproprié l’organisation de la vie locale tout en s’interconnectant entre elles. Elles ont ainsi soutenu et ouvert la voie à nombre d’initiatives de transition, en comptant avec la participation active des habitantEs mobiliséEs.  Elles sont le pouvoir populaire, leur légitimité est bien supérieure à celle de l’Etat.

Un puissant mouvement de désobéissance civile et économique est monté de ces assemblées et se renforce d’année en année. Les montants que les désobéissantEs refusent de verser aux impôts sont reversés aux projets autogérés qui émergent des assemblées de quartier.

Couverture du Manuel de désobéissance économique 2013

Couverture du Manuel de désobéissance économique 2013

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